Arts

Slow motion. Elias Crespin

Catalogue de l'exposition

Edité par Hermann et la Maison de l'Amérique latine.

Textes de Alain Rouquié, Domitille d'Orgeval-Azzi, Brigitte Gicquel, María Elena Ramos et Gilles Mentré.

Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l’oubli.

Dans la mathématique existentielle cette expérience prend la forme de deux équations élémentaires : le degré de la lenteur est directement proportionnel à l’intensité de la mémoire ; le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli.

Milan Kundera

 

Comme une grâce

Depuis Pascal on reconnait l’esprit de géométrie à son aptitude à comprendre les principes nombre-espace-temps-mouvement- fournis par la lumière naturelle.

Les cinétiques s’y reconnaissaient sans difficultés, combinant à l’esprit de géométrie leur esprit de finesse, l’intelligence du concret, qui sont disait Pascal réunis comme une grâce.

C’est bien cette grâce qui est l’apport essentiel de Elias Crespin au mouvement cinétique.

La beauté ingénieuse de ses chorégraphies aériennes à la lenteur si subtilement programmée est soulignée par Domitille d’Orgeval, curatrice de l’exposition. Et Maria Elena Ramos analyse la robuste légèreté des coïncidences uniques de l’espace et du temps que sont les œuvres d’Elias Crespin.

La mathématique existentielle nous hypnotise, signe que la Maison de l’Amérique latine qui fut celle de Charcot était un lieu prédestiné pour Elias Crespin.

Après Cruz-Diez, Gego, Ivan Contreras Brunet, la Maison de l’Amérique latine s’honore de présenter Elias Crespin, ce grand charmeur de serpents. Sa mémoire doit être très intense où notre regard s’attarde.

Alain Rouquié, président de la Maison de l'Amérique latine